La Guilde est située sur la rue Sherbrooke Ouest, une organisation caritative des arts visuels qui, depuis plus de 120 ans, défend les arts faits à la main — et, de façon cruciale, les personnes qui les créent. Son engagement envers les artistes canadiens qui repoussent les limites de l'artisanat est soutenu, avec une attention particulière portée aux œuvres de femmes et d'artistes autochtones. Son travail s'articule selon plusieurs axes : une galerie offrant aux artistes un véritable développement de carrière et des ventes durables, une collection permanente et des archives qui préservent et enrichissent l'histoire de l'art et de l'artisanat au pays, et un programme d'expositions, d'ateliers et de conférences ouvert à tous. Elle est financée par les ventes de la galerie, une communauté de donateurs et des subventions publiques pour projets, c'est-à-dire par ceux qui adhèrent à ce projet.
La collection s'enrichit depuis le début du XXe siècle et compte maintenant plus de 1 500 objets et œuvres — des lunettes de neige sculptées à la main, des chaises tissées, des sculptures, des ceintures fléchées — couvrant une géographie large, plusieurs médiums, une période considérable et des histoires culturelles et sociales multiples. Elle a commencé comme ressource pédagogique, un moyen de conserver des exemples de qualité de l'artisanat traditionnel et expérimental afin que les techniques se transmettent, et elle est devenue une véritable ressource pour les étudiants et chercheurs en arts faits à la main au Canada. Une part importante est constituée d'œuvres inuites réalisées entre 1950 et 1965 à Povungnituk, Inukjuak et Kinngait : sculptures, estampes, objets décor et accessoires personnels. La plupart ont été acquises par dons évalués selon la mission, avec un modeste budget d'acquisition réservé aux pièces exceptionnelles. S'y ajoute une archive conservée depuis 1909 — documents internes, publications, éphémera, photographies et correspondances — qui retrace l'évolution de La Guilde elle-même ainsi que l'histoire sociale et artistique plus large de l'artisanat créé par des femmes et des artisans autochtones. Ensemble, ils forment un terrain fertile pour réfléchir à l'industrialisation, au rôle des femmes dans la préservation de l'artisanat fait à la main, et aux longues questions non résolues du colonialisme et de l'indianité autour de la promotion et la vente d'art autochtone. La collection est rendue accessible par des expositions thématiques, des visites en coulisse des réserves, et sur rendez-vous pour les chercheurs universitaires.
Le programme d'exposition offre une plateforme aux artistes en début et en fin de carrière. Ouvertes fin juillet 2026 et s'étendant jusqu'à mi-septembre se trouvent deux présentations solo, Pride and Joy de Mary Paningajak et Qamutik de Thomas Whiteley ; plus tôt dans l'année, les galeries ont présenté les expositions collectives States of Being et Retracing Territories — cette dernière réunissant Mylène Michaud, Heather Shillinglaw et Martine Bertrand — et For the Love of Lace: Crafting Identities, tirée de la collection permanente. L'éventail d'artistes représentés est en soi une carte de l'artisanat contemporain canadien, allant des sculpteurs et artistes graphiques inuits comme Goota et Shuvinai Ashoona, Toonoo Sharky, Ningiukulu Teevee, Abraham Anghik Ruben et David Ruben Piqtoukun, à Jordan Bennett, Ruth Cuthand, Eruoma Awashish, Margaret August et Shane Perley-Dutcher, jusqu'aux céramistes, verriers, tissérands et joailliers comme Paula Murray, Laurent Craste, Chung-Im Kim, Lizz Aston et Jean-Simon Trottier.
Le programme d'apprentissage repose sur la conversation plutôt que l'instruction : des visites d'exposition conçues autour de vos propres intérêts, qu'ils soient introductifs ou spécialisés ; des ateliers créatifs thématiques explorant le savoir-faire artisanal ; des discussions avec des artistes et des conférences ; et A Closer Look, une série de discussions avec le personnel et des invités. Il s'adresse particulièrement aux étudiants du CÉGEP et de l'université ainsi qu'aux adultes qui continuent à apprendre, et — il convient de le dire clairement — tout cela est gratuit. Les galeries sont au rez-de-chaussée, avec des portes d'accès automatique et des toilettes entièrement accessibles. Rigoureuse, accueillante et tranquillement radicale dans ses choix de valeurs, La Guilde est le lieu où l'art fait à la main est pris au sérieux au cœur de Montréal.